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BFH-HAFL, ZHAW

Création d’un centre de coordination pour l’aquaculture suisse

Rapport: création d’un centre de coordination pour l’aquaculture suisse, 1-97, 2021

L’aquaculture suisse vit une forte croissance. Toutefois, pour se développer de manière durable, elle doit mieux s’organiser. La présente étude analyse la situation actuelle et propose un concept de développement d’un centre de coordination.

L’aquaculture suisse est un secteur de petite taille, mais qui connait une forte croissance depuis quelques années et se diversifie grâce à de nouveaux modes de production. Cette évolution fait naître des incertitudes et est porteuse de nombreux défis tout au long de la chaîne de valeur.

Afin de soutenir la filière aquacole suisse de manière professionnelle, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) envisage la création d’un centre de coordination. Des enquêtes préalables ont montré que si l’intérêt pour une telle structure était réel, les avis divergeaient quant à ses tâches, son financement et son organisation.

Des investigations ont été menées en vue de faire le point sur la situation actuelle de la filière aquacole. Les informations récoltées ont ensuite été analysées à l’aide de différentes méthodes afin de cerner les enjeux inhérents au développement du secteur, puis d’identifier et de hiérarchiser les tâches qui incomberaient à un centre de coordination. L’étude se conclut par une analyse de divers scénarios de développement à long terme du centre (fig. 1), accompagnée d’une esquisse des prochaines étapes à entreprendre et d’une proposition de financement d’une mise en œuvre progressive.

Figure 1. Caractéristiques du centre de coordination selon l’évolution du secteur aquacole et le soutien fourni par ses acteurs.(Source: Janssens, Thomas, BFH-HAFL)

Les recherches menées ont montré qu’une majorité des parties prenantes interrogées considèrent que la situation de la filière aquacole suisse est insatisfaisante. Le secteur compte en effet un grand nombre d’acteurs ayant leurs propres objectifs et qui sont très dépendants de facteurs de production. En outre, les synergies sont mal exploitées, les informations pertinentes pour la filière ne sont pas accessibles, la production, la transformation et les activités de vente sont très isolées et les connaissances en matière de planification et d’exploitation des installations sont lacunaires. Conjugués au haut niveau des prix en Suisse, tous ces facteurs entraînent des coûts de production élevés. Enfin, du fait de l’absence de protection douanière, les produits aquacoles indigènes ne permettent de dégager que de faibles marges comparés aux produits importés.

Il faut donc parvenir à améliorer la situation de l’aquaculture suisse en accroissant la professionnalisation de l’ensemble de la filière et en réduisant les coûts de production. Une autre option consisterait à promouvoir l’image du secteur et l’indication de provenance «Swissness» afin d’accroitre la disposition à payer des consommateurs et consommatrices.

Conclusions

  • Il faut accroitre la visibilité de la filière aquacole suisse et soutenir une croissance durable, qui respecte aussi bien les normes en matière de protection des animaux et de l’environnement, que les standards de qualité des produits.
  • Le centre doit avoir pour mission de coordonner et soutenir des activités existantes, et non de reprendre ou remplacer celles-ci.
  • La création du centre de coordination peut être effectuée sur deux ans, en visant tout d’abord à atteindre un panel d’utilisateurs aussi large que possible et en concertation avec les organisations en place.
  • La première étape consiste à créer un portail d’information apportant une plus-value immédiate aux acteurs du secteur.

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