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Agroscope

Optimiser l’apport en protéines à l’aide de la teneur en urée du lait

Les excédents d’azote sont éliminés dans l’urine et entraînent une augmentation des émissions d’ammoniac. Chez les vaches laitières, il est possible d’estimer l’azote contenu dans l’urine grâce à la teneur en urée du lait et à partir de là, d’adapter l’apport en matière azotée dans l’alimentation.

Afin d’atteindre les objectifs environnementaux en ce qui concerne l’ammoniac, toutes les possibilités doivent être exploitées dans l’élevage laitier. Les stratégies portant sur l’alimentation agissent au début de la chaîne de valorisation de l’azote.

Source principale d’ammoniac: l’azote éliminé dans l’urine

Un excès de matière azotée dans l’alimentation des vaches laitières entraîne une augmentation de l’azote éliminé dans l’urine. Il est important d’éviter cela, car l’ammoniac se forme principalement à partir de l’azote contenu dans l’urine.
La teneur en urée du lait est souvent connue car elle apparaît dans les contrôles laitiers mensuels. Afin d’établir la relation entre la teneur en urée du lait et l’azote éliminé dans l’urine, en tenant compte de la teneur en matière azotée de la ration, la présente étude rassemble et évalue les résultats d’essais tirés d’études récentes.

Plus l’excès de matière azotée dans l’alimentation est important, plus il y a d’azote dans l’urine

Les données d’Agroscope utilisées pour l’étude sont issues d’essais effectués dans des conditions proches de la pratique, soit de mesures de bilan métabolique à Posieux, soit de mesures réalisées dans l’étable expérimentale sur les émissions à Tänikon de 2014 à 2018. La fourchette sur laquelle se répartissent les teneurs en matière azotée des rations sur l’ensemble des essais était large. L’évaluation a montré que la teneur en matière azotée des différentes rations se reflétait dans la quantité d’azote éliminée via l’urine.

Sur l’ensemble des essais évalués à Posieux (Po) et Tänikon (Tän) de 2014 à 2018, on observe une corrélation évidente entre la teneur en urée du lait et la quantité d’azote éliminée dans l’urine.

L’urée dans le lait, un indicateur de l’azote dans l’urine

Il a également été possible d’identifier une relation linéaire très nette entre la teneur en urée du lait et l’azote dans l’urine. Étant donné que la quantité d’azote éliminée ne peut pas être mesurée dans les exploitations et que la teneur en matière azotée de la ration n’est pas analysée régulièrement dans de nombreuses exploitations, la teneur en urée du lait peut être utilisée pour évaluer la quantité d’azote éliminée. Les exploitations laitières peuvent en disposer sur la base du contrôle laitier mensuel pour chaque animal ou périodiquement à partir des échantillons de lait de tank. Les teneurs en urée du lait déterminées dans les échantillons à l’aide de la «méthode de référence» enzymatique correspondaient largement à celles déterminées par «spectroscopie moyen infrarouge» (MIR), méthode utilisée pour les contrôles laitiers officiels.

Conclusions

  • Les données de l’essai Agroscope ont révélé une bonne corrélation entre la teneur en matière azotée de la ration et la quantité d’azote éliminée dans l’urine.
  • Une relation évidente peut être observée entre la teneur en urée du lait et la quantité d’azote éliminée dans l’urine à l’échelle du troupeau.
  • La teneur en urée du lait est une valeur de mesure qui est souvent disponible à partir du contrôle laitier régulier et qui donne des informations sur l’apport et l’élimination d’azote.
  • Grâce à un contrôle et une adaptation ciblés de l’alimentation, les pertes d’ammoniac peuvent souvent être minimisées dès le début de la chaîne de valorisation de l’azote.

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Optimiser l’apport en protéines à l’aide de la teneur en urée du lait

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