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Agroscope, Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, Centre spécialisé dans la détention convenable des ruminants et des porcs

Stress thermique des porcs à l’engrais: quels indicateurs témoignent d’une altération du bien-être?

Les porcs à l’engrais souffrent lors de fortes chaleurs. Fournir un rafraîchissement en temps utile améliore leur bien-être et le succès d’engraissement. Agroscope a étudié les indicateurs permettant de déceler de manière fiable le stress thermique chez ces animaux.

De longues périodes de chaleur peuvent affecter le bien-être des porcs. Le stress thermique a également des effets négatifs sur la performance et, par conséquent, sur la rentabilité de la production. Les porcs y sont particulièrement sensibles, car ils ne possèdent pas de glandes sudoripares fonctionnelles et ne peuvent évacuer la chaleur qu’en haletant. Celle-ci peut donc rapidement devenir critique pour les animaux. Pour éviter que la chaleur produite par la digestion n’entraîne une élévation de leur température corporelle, les porcs restreignent leur activité et leur consommation de nourriture. Une autre stratégie efficace consiste, lorsque l’espace le permet, à éviter tout contact physique avec les congénères. Pour évacuer la chaleur, les porcs recherchent les endroits où le sol est frais et humide et se couchent non pas sur le ventre, mais sur le côté, pour augmenter la surface de contact avec le sol.

Le stress thermique incite les porcs à rechercher les endroits frais et humides et à augmenter la surface de contact avec le sol. (Photo: Madeleine F. Scriba, OSAV)

Le stress thermique est particulièrement problématique en phase de finition

Les porcs en phase de finition sont plus particulièrement sensibles au stress thermique, car ils ont un métabolisme rapide en raison de l’importante prise de poids quotidienne. Ils évacuent moins bien la chaleur, le rapport entre surface et volume corporels étant moins favorable. En cas de stress thermique, les porcs à l’engrais essaient d’augmenter la dissipation de chaleur par la peau.

Indicateurs de stress thermique chez les porcs

Les exploitations d’élevage devraient être en mesure d’identifier le stress thermique à un stade précoce et d’y réagir en mettant en place un système de rafraîchissement. L’étude a porté sur plusieurs paramètres physiologiques et comportementaux chez 72 porcs à l’engrais de trois classes de poids (40–100 kg), durant un mois d’été. La température corporelle centrale, mesurée par voie vaginale au moyen d’un enregistreur de température, a montré une grande variabilité entre les individus et aucune hausse n’a pu être corrélée avec une élévation de la température ambiante. La fréquence respiratoire était très variable et n’a augmenté que chez les porcs les plus lourds. Par contre, la température superficielle du corps, mesurée à l’aide d’une caméra thermique, a augmenté parallèlement à l’élévation de la température ambiante pour toutes les catégories de poids. Le comportement observé était en grande partie indépendant des conditions de température ambiante. La proportion de porcs couchés sur le ventre augmentait avec la température ambiante.

La fréquence respiratoire, la température cutanée et la position couchée adoptée par les porcs sont des indicateurs de stress thermique

En résumé, les résultats de cette étude suggèrent que la fréquence respiratoire, la température cutanée et la position couchée adoptée sont des indicateurs fiables du stress thermique chez les porcs à l’engrais.

Conclusions

  • Le changement climatique accentuera encore le problème de stress thermique à l’avenir.
  • Les conditions de détention des porcs à l’engrais doivent être adaptées à l’évolution des conditions climatiques.
  • Les principaux indicateurs de stress thermique chez les porcs à l’engrais sont la fréquence respiratoire, la température cutanée et la position couchée adoptée.

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