FiBL

Le pâturage améliore les paramètres immunitaires et l’hémogramme des veaux

L’engraissement au pâturage pourrait constituer une solution durable pour les veaux mâles issus de troupeaux laitiers. En effet, le pâturage renforce leur statut immunitaire, tandis que les pâturages de montagne augmentent les taux d’hémoglobine et de globules rouges.

Le devenir des veaux mâles laitiers reste problématique, en particulier en agriculture biologique. Actuellement, ces animaux sont souvent vendus à des unités d’engraissement conventionnelles, entrainant l’utilisation prophylactique et thérapeutique d’antibiotiques. Bien que l’agriculture biologique cherche à les élever au pâturage, elle se heurte à des défis majeurs en matière de gestion, de coûts et de commercialisation. Ces systèmes peuvent avoir des effets bénéfiques ou au contraire poser des défis pour la santé des veaux. Cette étude visait donc à évaluer l’impact du pâturage sur le statut immunitaire et la santé des veaux en post-sevrage.

Santé des veaux mâles: effets du génotype et du type de pâturage

Cette étude, menée par le FiBL, a porté sur 72 veaux sevrés à quatre mois, répartis en trois génotypes. De quatre à six mois, les animaux ont été élevés soit sur l’un des trois sites de pâturage, soit au sein d’un groupe témoin en stabulation. Les veaux de race Brown Swiss représentaient une race laitière classique, ceux de race Swiss Fleckvieh une race à double usage orientée vers la production laitière, et les croisés Limousin × Brown Swiss un mélange entre une race allaitante et une race laitière. Les trois sites de pâturage étaient situés à des altitudes de 500 m, 1 000 m et 2 000 m, avec une intensité de production fourragère décroissante quand l’altitude augmente.

Le pâturage améliore la santé des veaux

L’étude s’est concentrée sur la santé des animaux, évaluée à travers un score sanitaire, l’hémogramme et les immunoglobulines sanguines après trois mois de pâturage. Au début du pâturage, les veaux au pâturage présentaient davantage de signes de diarrhée que ceux en stabulation, mais peu de différences ont été observées sur les autres critères. Le pâturage a eu un effet positif significatif sur les taux de α- et γ-globulines sériques. Par ailleurs, comme attendu, l’altitude a atténué les risques d’anémie : les veaux en alpage présentaient des taux d’hémoglobine et de globules rouges plus élevés.

Conclusions

  • L’étude a démontré que le pâturage améliore la santé des animaux, notamment leur statut immunitaire, un facteur clé à cet âge pour prévenir les maladies infectieuses.
  • En termes de santé animale, de bien-être et de réduction des antibiotiques, ces résultats plaident en faveur d’une production de bovins laitiers et allaitant issus de veaux élevés au pâturage
  • Une gestion rigoureuse, incluant un sevrage réussi sur la ferme de naissance, reste essentielle pour garantir la réussite de l’élevage des veaux et des bovins au pâturage.
Archives complètes