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Rentabilité de la pension pour chevaux – Les exploitations suisses sous la loupe

La pension pour chevaux a le vent en poupe. Une organisation efficace du travail, des systèmes de détention adaptés et des mesures en faveur de la biodiversité contribuent à faire de ce secteur d’activité une filière intéressante tant du point de vue économique qu’écologique.

Dans l’agriculture suisse, exploiter une pension pour chevaux n’est plus considéré comme une activité de niche depuis longtemps. Ce secteur fournit déjà un revenu complémentaire intéressant à de nombreux agriculteurs et agricultrices. Près d’une exploitation sur cinq détient aujourd’hui des chevaux, ce qui témoigne de l’importance croissante de la branche. Agroscope a examiné ce secteur d’activité dans le cadre d’une analyse détaillée des coûts globaux. L’étude s’est basée pour ce faire sur un échantillon de 18 exploitations.

Certaines exploitations proposent des formules tout compris

Du point de vue économique, la pension pour chevaux se distingue fondamentalement des secteurs de production classiques tels que la production laitière ou la production de viande. Au lieu de produire des denrées alimentaires et d’être tributaires des prix, les pensions pour chevaux proposent des prestations de services allant de l’affouragement et du nettoyage des boxes à l’offre d’infrastructures telles que manèges ou même cours d’équitation. Les modèles de pension complète, gagnent en importance, car ils représentent pour les propriétaires de chevaux des formules tout inclus attractives.

Pour réussir, il est essentiel d’exploiter les synergies

La rentabilité dépend de multiples facteurs opérationnels. Parmi ceux-ci, le nombre d’heures de travail, l’organisation de l’exploitation, la mesure dans laquelle les coûts sont couverts par les frais de pension ainsi que la capacité à exploiter les synergies entre la détention de chevaux et la promotion de la biodiversité revêtent une importance particulière. Les exploitations qui détiennent des équidés offrent un bon potentiel d’aménagement d’habitats de grande valeur écologique. Des paiements directs spécifiques, tels que les contributions à la biodiversité, peuvent ainsi contribuer durablement aux revenus. L’éventail des possibilités est important: alors que les mesures en faveur de la biodiversité génèrent environ 3 % de recettes supplémentaires, certaines exploitations réalisent jusqu’à 10 % de leur chiffre d’affaires grâce à celles-ci.

La détention en groupe, un modèle de réussite

L’étude met également en évidence les gains d’efficacité que procurent les systèmes de détention en groupe, par rapport aux systèmes de garde individuelle. Ceux-ci permettent de réduire le temps de travail par animal et par conséquent les coûts de pension mensuels. Même si les différences ne sont pas statistiquement significatives, la tendance est claire: les exploitations qui bénéficient d’une bonne organisation du travail et d’un cheptel plus important obtiennent des résultats financiers sensiblement meilleurs. Les frais de pension ont pu être entièrement couverts dans près de deux tiers des exploitations, et ce quel que soit le mode de détention. Les exploitations qui s’en sortent bien du point de vue économique ont un point commun: elles conjuguent processus de travail efficaces, coûts d’infrastructure raisonnables et prix conformes au marché. C’est pourquoi la pension pour chevaux est un secteur d’activité à ne pas sous-estimer, offrant des perspectives intéressantes tant sur le plan économique qu’écologique.

Conclusions

  • Une organisation efficace du travail est le principal facteur de réussite: c’est elle qui influence le plus les coûts, la rentabilité et la fixation des prix.
  • Les systèmes de détention en groupe présentent généralement des avantages en termes de temps de travail et de coût par animal par rapport aux exploitations qui proposent des systèmes de garde individuelle.
  • Les exploitations prises en compte dans l’étude ont généré en moyenne 3 % de leurs recettes grâce aux paiements directs pour la biodiversité, voire jusqu’à 10 % pour certaines d’entre elles.
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