Agroscope, Delley semences et plantes SA, IP-SUISSE, Fresh Food & Beverage Group AG

Une qualité boulangère du blé plus stable grâce aux mélanges de variétés

Les mélanges de variétés constituent une stratégie efficace pour atténuer les effets des conditions abiotiques changeantes et maintenir une qualité de farine stable, montre une étude d’Agroscope.

Intégrer de la diversité dans les systèmes agricoles représente un moyen prometteur d’accroître la résilience de la production agricole. En particulier, les mélanges de variétés suscitent un intérêt croissant en Europe en tant que moyen pratique de stabiliser les rendements de blé. Cependant, leur impact sur la qualité boulangère du blé reste peu documenté à ce jour.

Cette étude a examiné les effets des mélanges de variétés sur la qualité des grains et de la farine et sur la stabilité de cette qualité. L’expérience a porté sur huit variétés de blé suisse (Molinera, Bodeli et CH211.14074 en variétés TOP, Schilthorn, Falotta, Campanile et CH111.16373 en classe 1 et Colmetta en classe 2) cultivées en peuplements purs, dans tous les mélanges possibles de deux variétés et dans un mélange de huit variétés. L’essai a porté sur trois années (2020/2021, 2021/2022 et 2022/2023) et trois sites différents (Changins, Delley et Utzenstorf), ce qui a permis d’évaluer la stabilité de la qualité boulangère dans les mélanges et les peuplements purs.

La qualité dans les mélanges reste constante

Les résultats ont montré que les effets des mélanges – c’est-à-dire leurs performances moyennes par rapport aux peuplements purs – étaient inchangés ou légèrement inférieures pour la plupart des paramètres de qualité de la farine. Pour les mélanges de deux variétés, l’étude met en évidence que la classification qualitative correspond à la classe de qualité la plus basse de ses composants (par exemple, un mélange C1-TOP serait classé C1; C1-C2 serait classé C2; C2-TOP serait classé C2). Mais il faut également noter que les mélanges d’une même classe de qualité restent dans cette classe (c’est-à-dire qu’un mélange TOP-TOP reste classé TOP). De la même manière, cette étude a montré qu’en général, les mélanges obtenaient un rendement équivalent aux peuplements purs.

En outre, ces effets n’étaient pas dus à des changements dans les proportions des variétés au sein des mélanges, mais plutôt à des réactions spécifiques aux variétés en réponse à leur culture dans un mélange.

Une meilleure stabilité dans des environnements différents

Les mélanges ont permis d’améliorer la stabilité de la qualité dans toutes les conditions environnementales prises en compte dans l’étude. Ce résultat suggère que les mélanges peuvent amortir les variations environnementales grâce à la compensation des variétés, tandis que les cultures pures sont plus susceptibles de connaître des valeurs de qualité extrêmes (hautes ou basses) en raison de leur réponse uniforme.

Ainsi, les mélanges de variétés peuvent être particulièrement bien adaptés aux environnements variables, où ils seraient susceptibles d’avoir des performances plus prévisibles que les peuplements purs. Si ce concept a été largement exploré et validé pour la stabilité des rendements dans les mélanges de variétés, nos résultats suggèrent qu’il s’applique également aux paramètres liés à la qualité, élargissant ainsi les avantages de la diversité des variétés au-delà de la productivité.

Conclusions

  • Les mélanges de variétés de blé ne changent pas la qualité de la farine par rapport aux cultures pures.
  • La qualité d’un mélange est proche de celle de son composant de plus faible qualité.
  • Les mélanges de variétés stabilisent la qualité de la farine dans des environnements fluctuants, suggérant qu’ils peuvent atténuer les effets des variations abiotiques sur la qualité boulangère.
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