Plus de lumière, plus de rendement: les fraises sont plus sensibles à l’ombrage que les framboises
Photo: Agroscope
En Suisse, une grande partie des fraises et des framboises est cultivée sous abris, structures qui pourraient être associées à des systèmes agri-photovoltaïques. Une étude menée par Agroscope et l’entreprise Insolight a examiné l’impact de l’ombrage sur le rendement et la qualité des fruits, permettant de définir des valeurs seuils.
En Suisse, environ un tiers des fraises et trois quarts des framboises sont cultivés sous abris (tunnels, serres, etc.) afin de les protéger des intempéries et de prolonger la période de végétation. Cependant, la hausse des températures estivales menace le rendement et la qualité des cultures, ce qui renforce l’intérêt pour les systèmes agri-photovoltaïques (agri-PV). Ceux-ci combinent production d’énergie et agriculture, mais un excès d’ombrage peut aussi nuire aux performances agronomiques.
Agroscope et la société Insolight ont mené 21 études de cas en Suisse sur une période de quatre ans (entre 2021 et 2024) afin d’étudier l’influence de différents systèmes d’ombrage, dont 13 configurations agri-PV, sur le rendement des fraises et des framboises. L’étude a porté sur l’influence de la quantité quotidienne de lumière par mètre carré sur le rendement, le poids moyen des fruits, la fermeté ainsi que la teneur en sucre et en acides.
Les fraises sont plus sensibles à l’ombrage
Les résultats montrent que, pour ces deux cultures, le rendement et la teneur en sucre diminuent à mesure que la quantité de lumière baisse, l’effet étant plus marqué dans les cultures de fraises. Ces dernières ont besoin de plus de lumière et souffrent davantage de l’ombrage que les framboises. Pour les fraises, les auteurs recommandent une quantité minimale de lumière quotidienne de 25 moles de photons par mètre carré. Dans les essais, cela correspondait à un ombrage total d’environ 10 à 30 %, selon le type d’abris. La fermeté des fraises diminuait également avec la baisse de l’intensité lumineuse.
Les framboises supportent mieux l’ombrage
Dans les cultures de framboises également, l’augmentation de l’ombrage s’est accompagnée d’une baisse de rendement, qui s’est toutefois avérée moins importante que pour les fraises. Ce résultat confirme des observations antérieures selon lesquelles les framboises tolèrent mieux l’ombre, héritage de leur adaptation à des milieux naturellement boisés. Pour les framboises, les auteurs recommandent au moins 15 moles de photons par mètre carré afin d’éviter des pertes de rendement trop importantes. De plus, contrairement aux fraises, l’ombrage n’a pas eu d’effet négatif sur la teneur en sucre des fruits.
En revanche, ni le poids des fruits ni la teneur en acides n’ont été influencés par l’ombrage que ce soit pour les fraises ou pour les framboises.
Importance des besoins en lumière spécifiques à chaque culture lors de la conception des systèmes agri-PV
Ces résultats fournissent des valeurs seuils concrètes pour le développement de systèmes agri-PV à même de garantir une production de petits fruits de haute qualité tout en fournissant de l’énergie renouvelable. L’étude montre qu’il est essentiel d’adapter les systèmes agri-PV à la photosensibilité spécifique à chaque espèce afin d’optimiser les performances agronomiques.
Conclusions
- Les fraises sont plus sensibles à l’ombrage que les framboises et ont besoin d’au moins 25 moles de photons par mètre carré pour garantir rendement et qualité.
- Les framboises tolèrent mieux l’ombrage et se contentent d’un minimum de 15 moles de photons par mètre carré.
- L’augmentation de l’ombrage diminue la fermeté des fraises, mais n’affecte pas la teneur en sucre des framboises.
- L’étude montre que, lors du développement de systèmes agri-PV, il convient de tenir compte des besoins en lumière spécifiques à chaque espèce afin d’optimiser les performances agronomiques.
Référence bibliographique
Light Thresholds and Shading Effects on Strawberry and Raspberry Yields and Quality Under Agrivoltaics Systems in Switzerland.



