Cépages résistants: des vins prometteurs à mieux faire connaître
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– octobre 2025
Les vins issus de cépages résistants sont en progression en Suisse. Les consommateurs se montrent ouverts à leur égard. Leur diffusion, notamment dans la restauration, pourrait être renforcée par une meilleure communication.
Dans un contexte de changement climatique et de recherche accrue de durabilité en viticulture, l’utilisation de cépages naturellement résistants aux maladies fongiques apparaît comme une option prometteuse. Toutefois, on suppose que la diffusion de ces cépages soit parfois freinée par leur acceptation par les consommateurs, sans que cela soit systématiquement démontré.
Dans ce contexte, Agroscope a mené une étude visant trois objectifs complémentaires: évaluer la situation actuelle de la plantation des cépages résistants en Suisse, synthétiser les dernières études consommateurs portant sur ces cépages et analyser leur présence actuelle dans l’offre de la restauration suisse.
Des surfaces limitées mais en augmentation
Bien que les surfaces plantées en cépages résistants demeurent encore limitées (540 ha sur 14 484 ha), elles sont en augmentation, la Suisse alémanique disposant à ce stade d’une avance notable. Le principal cépage résistant rouge planté en Suisse est le Divico, suivi par le Cabernet Jura. Le principal cépage résistant blanc est le Souvignier gris suivi du Johanniter.
Une ouverture de la part des consommateurs
Dans une récente étude portant sur l’acceptation des cépages résistants par les consommateurs suisses, trois facteurs ont été identifiés comme levier pouvant avoir un impact significatif: la qualité sensorielle des vins, le niveau de connaissances en matière de vin et la familiarité avec les cépages résistants.
Ici, nous montrons en plus que les consommateurs ont une ouverture à l’égard des cépages résistants pour différentes occasions de consommation et semblent être prêts à les intégrer dans leurs habitudes.
Un besoin d’accompagnement chez les restaurateurs
L’étude menée auprès 450 cartes d’établissements de restauration montre que plusieurs d’entre eux proposent déjà ces vins sur leurs cartes. La répartition observée au niveau de la production se reflète globalement dans l’offre que l’on trouve en restauration.
L’étude les a interrogés sur les raisons qui les inciteraient à ajouter ce type de vin à leur carte, ainsi que sur celles qui expliqueraient leur absence d’intérêt. L’analyse des réponses met en évidence une variété de positionnements. Plusieurs restaurateurs expriment une ouverture conditionnelle à l’intégration de ces vins, motivée par la volonté de diversifier leur offre et par des valeurs liées à la durabilité. L’intégration de nouveaux produits apparaît également fortement conditionnée par l’offre des vignerons et fournisseurs habituels; cette dépendance souligne l’importance d’une bonne communication et collaboration entre producteurs et restaurateurs pour faciliter l’adoption. Plusieurs professionnels insistent sur le fait que l’adoption de ce type de vin dépendra de la demande réelle des consommateurs et des tendances du marché. Plusieurs expriment aussi des réserves quant à la qualité gustative de ces vins. Enfin, certains restaurateurs expriment un manque de connaissance sur ces cépages et un besoin d’accompagnement pour mieux les comprendre et les intégrer.
Conclusions
- L’implantation des cépages résistants dans le paysage viticole suisse demeure encore limitée, avec une certaine avance pour la Suisse alémanique.
- Une partie des consommateurs se montre relativement ouverte à leur égard, tant en ce qui concerne leur acceptation sensorielle que leur présence sur les cartes des restaurants.
- Ces vins y figurent déjà, mais leur diffusion pourrait être renforcée par un accroissement des connaissances chez les acteurs responsables du choix des vins, ainsi que par un resserrement des liens entre vignerons, fournisseurs et restaurateurs.
- De manière générale, l’amélioration de la communication et de la formation autour de ces cépages apparaît comme une piste pertinente pour soutenir leur intégration dans l’offre viticole suisse.
- La qualité sensorielle reste le critère central, tandis que les arguments environnementaux semblent intervenir dans un second temps lors des décisions d’achat des consommateurs.
Référence bibliographique
Les vins issus de cépages résistants en Suisse: production, perception des consommateurs et présence dans le domaine de la restauration.



